Portrait de Laure Manaudou

Laure Manaudou, née le 9 octobre 1986 à Villeurbanne (Rhône), est une nageuse française de nage libre (200, 400, 800, 1500 mètres), de dos (50 et 100 mètres) et du 4 nages (200 et 400 mètres).

Licenciée jusqu’en 2006 au Cercle des nageurs de Melun Val de Seine où elle était entraînée par Philippe Lucas, elle rejoint le club de Canet-en-Roussillon (Canet 66 natation) avec son entraîneur après les Championnats d’Europe de natation 2006.

En mai 2007, elle quitte son entraîneur pour aller s’entraîner dans le club turinois de LaPresse Nuoto. Suite à des tensions apparues avec son entraîneur Paolo Penso, elle est licenciée par son club italien le 6 août. Depuis le mois de septembre 2007, elle est entraînée par son frère aîné, Nicolas, à Ambérieu-en-Bugey (Ain).

Biographie

Les débuts

Laure Manaudou est la fille de Jean-Luc Manaudou, employé de banque, joueur et entraîneur de handball, et d’Olga Schippers, d’origine néerlandaise, qui pratique le badminton. Ils s’étaient rencontrés sur une plage au Cap Fréhel. Désireux de lui apprendre à nager, ils l’ont inscrite à la natation dès l’âge de 4 ans.

Elle a un grand frère, Nicolas, né un an jour pour jour avant elle, aujourd’hui son entraîneur. Le benjamin, Florent, est né en 1990.

De 6 à 14 ans, elle fait partie du club de natation d’Ambérieu-en-Bugey, dans l’Ain, où elle a passé son enfance.

Remarquée par Philippe Lucas, entraîneur marié à une ancienne nageuse de l’équipe de France olympique, celui-ci convainc ses parents de la laisser partir et leur promet d’en faire une championne. Les premières années, elle part vivre au foyer de son entraîneur à Melun avant de s’installer dans un appartement proche de la piscine de Melun à sa majorité.

Les premiers succès

En 2001, lors des Championnats d’Europe juniors à Malte, elle décroche deux médailles d’argent sur 50 et 100 mètres dos. L’année suivante, lors des Championnats d’Europe juniors à Linz, en Autriche, elle devient championne d’Europe juniors sur 100 mètres dos et double vice-championne d’Europe sur 50 mètres dos et 200 mètres 4 nages.

En 2003, lors des Championnats de France à Saint-Étienne, elle obtient cinq médailles d’or (400, 800, 1500 mètres nage libre ; 50 et 100 mètres dos), bat quatre records de France et se qualifie pour les Championnats du monde de Barcelone. Privée de son entraîneur-mentor, elle obtient des résultats décevants (7e du 50 mètres dos, 11e du 100 mètres dos, 13e du 400 mètres nage libre et 19e du 800 mètres nage libre). Toutefois, l’année 2003 se clôt sur une médaille de bronze sur 100 mètres dos obtenue lors des Championnats d’Europe en petit bassin à Dublin.

En 2004, lors des Championnats de France à Dunkerque, elle obtient quatre titres nationaux (400 et 800 mètres nage libre ; 50 et 100 mètres dos). Lors des Championnats d’Europe à Madrid, elle décroche trois médailles d’or (400 mètres nage libre, 100 mètres dos et le relais 4×100 mètres 4 nages). Aux Jeux Olympiques d’Athènes en 2004, elle gagne trois médailles olympiques (médaille d’or sur 400 m nage libre, argent sur 800 m nage libre et bronze sur 100 m dos) et donne à la France sa première médaille d’or dans une épreuve de natation depuis Jean Boiteux à Helsinki en 1952.

En 2005, lors des Championnats de France à Nancy, elle obtient cinq titres nationaux (400, 800, 1500 mètres nage libre ; 50 et 100 mètres dos). Aux Championnats du monde à Montréal, elle obtient la médaille d’or sur 400 mètres nage libre. Aux Championnats de France en petit bassin à Chalon-sur-Saône, elle décroche six titres nationaux (400, 800, 1500 mètres nage libre ; 50, 100 mètres dos ; 200 mètres 4 nages) et bat huit records. Aux Championnats d’Europe en petit bassin à Trieste, elle obtient trois médailles d’or (400, 800 mètres nage libre ; 100 mètres dos) et bat les records mondiaux du 400 mètres (3′56″79) et du 800 mètres nage libre (8′11″25). À la fin de l’année, elle remporte les interclubs avec le CN Melun.

La consécration

Lors des Championnats de France 2006 à Tours, elle glane neuf titres nationaux (200, 400, 800, 1500 mètres nage libre ; 100 et 200 mètres dos ; 200 et 400 mètres 4 nages ; relais 4 x 200 mètres nage libre avec son club de Melun) et bat le 12 mai 2006 le mythique record du monde du 400 mètres nage libre en grand bassin (50 m), qui était détenu depuis les Jeux Olympiques de Séoul en 1988 par l’Américaine Janet Evans, l’abaissant de 4′03″85 à 4′03″03.

Le 6 août 2006, elle le bat à nouveau lors de la finale des Championnats d’Europe de natation 2006 à Budapest, l’abaissant à 4′02″13. Lors de ces Championnats d’Europe, elle obtient en tout sept médailles (4 en or : 400 et 800 mètres nage libre, 100 mètres dos et 200 mètres 4 nages ; 3 en bronze : 200 mètres nage libre, relais 4 x 200 mètres nage libre et 4 x 100 mètres 4 nages), égalant ainsi le record du nombre de titres dans un même Championnat d’Europe détenu par l’Allemande de l’Est Ute Geweniger (1981) et la Hongroise Krisztina Egerszegi (1993).

Elle a été sacrée championne des champions français par le quotidien L’Équipe en 2004, est décorée de la Légion d’honneur et se voit décerner le prix du patriotisme Maurice-Schumann et le Grand Prix olympique de l’Académie des sports.

Un bassin olympique Laure-Manaudou a été inauguré près de son centre d’entraînement de Melun. Par ailleurs Laure, en étroite collaboration avec son équipementier Arena, a lancé le 10 octobre 2005 Catch me if you can, une collection de vêtements de sport frappée du papillon, – symbole des « quatre étapes » de sa vie depuis son départ d’Ambérieu-en-Bugey pour Melun –, qu’elle s’est fait tatouer à l’épaule.

Le 12 août 2006, Philippe Lucas annonce son départ du club avec Laure Manaudou pour rejoindre celui de Canet-en-Roussillon : Canet 66 natation. Elle reprend l’entraînement le 6 septembre 2006.

À l’occasion des championnats du monde de natation 2007 de Melbourne (Australie), elle confirme son statut de favorite en remportant deux médailles d’or sur le 400 mètres nage libre et sur le 200 mètres nage libre (dont elle bat le record le monde), deux médailles d’argent sur le 800 mètres nage libre et le 100 mètres dos et une médaille de bronze au relais féminin 4 x 200 m (avec Alena Popchanka, Sophie Huber et Aurore Mongel) et empoche 122 640 euros de récompense. Elle est nommée meilleure nageuse de ces championnats du monde avec l’Américain Michael Phelps.

Le 22 mars 2007, François Pinault, fondateur du groupe PPR, a décidé de s’engager personnellement auprès de Laure Manaudou via Artémis, la holding patrimoniale présidée par son fils François-Henri, et de financer la carrière de la nageuse pendant les cinq années à venir. « C’est un partenariat historique et unique dans le sport français : c’est une opération de mécénat, pas de sponsoring. Laure n’aura aucune obligation », a déclaré Didier Poulmaire, avocat et agent de la nageuse. Celle-ci pourrait ainsi, « si elle en a l’envie et le temps », apparaître dans des soirées caritatives ou lors des défilés des marques de luxe du groupe, comme Gucci ou Stella McCartney[1]. Le contrat, signé porterait sur plusieurs millions d’euros. Le chiffre d’un million d’euros annuel a été avancé. Il pourrait être prolongé si la championne olympique et du monde du 400 m nage libre participe aux jeux Olympiques de Londres en 2012[2].

Mai 2007 : la rupture avec Philippe Lucas et l’aventure italienne

Le 6 mai 2007, Laure Manaudou, décide de se séparer de son entraîneur pour partir s’entraîner en Italie et se rapprocher ainsi de son petit ami d’alors, Luca Marin[3]. Elle a déclaré qu’« entre l’Italie et la France, je choisis Luca, l’amour de ma vie[4] ».

Le 9 mai, lors d’une conférence de presse à Canet-en-Roussillon, elle explique son choix de rejoindre le club turinois de LaPresse Nuoto et qu’elle va essayer de donner un nouvel élan à sa carrière, « changer d’entraînement », « modifier des choses » : « Il y a des choses que je voulais travailler et que Philippe ne voulait pas faire. Des choses qui, je pense, sont capables de me faire nager plus vite[5]. » Elle a par ailleurs précisé qu’elle restait « Française de toute façon » – elle conserve sa licence à Canet-en-Roussillon pour continuer à défendre les couleurs de la France dans les compétitions internationales – et qu’elle visait un nouveau titre aux jeux Olympiques de Pékin.

Réagissant au départ de son ancienne protégée, Philippe Lucas a déclaré lors d’une conférence de presse à Canet-en-Roussillon, le 10 mai, que Laure Manaudou « part parce qu’elle a envie de moins travailler. Elle fuit le travail[6]. » Ces propos surviennent après l’interview de la nageuse au quotidien italien La Stampa où elle affirme qu’elle ne « supportait plus physiquement les entraînements » dirigés par Philippe Lucas (« Non reggevo più fisicamente gli allenamenti di Lucas[7]. »).

Après de multiples tergiversations, la Fédération italienne de natation ayant le 14 mai dit « préférer » que Laure Manaudou ne s’entraîne pas dans la péninsule[8] puis ayant finalement déclaré le lendemain être disposée à l’accueillir[9], Laure Manaudou devrait s’entraîner trois jours par quinzaine à Vérone, soit au même endroit que son petit ami d’alors, le nageur italien Luca Marin, tandis que ce dernier s’entraînerait à Turin en alternance, également pendant trois jours une semaine sur deux, information aussitôt démentie par la Federnuoto[10].

Le 17 mai, lors d’une conférence de presse à Turin, Laure Manaudou a précisé les raisons de son choix[11].

Le 22 mai, nouveau coup de théâtre : la nageuse française ne pourrait pas s’entraîner à Vérone avec son petit ami d’alors, Luca Marin dans le centre fédéral italien. Selon Marco Durante, président du club, Vérone, ce serait « une fois sur mille ». Toutefois, la veille, Laure Manaudou s’était entraînée à Vérone avant de reprendre la route pour Turin. Par ailleurs, les deux nageuses italiennes, Federica Pellegrini et Alessia Filippi, qui s’entraînent à Vérone, ne verraient pas d’un très bon œil la présence de la Française auprès d’elles. Federica Pellegrini, grande rivale de Manaudou sur 200 m, a ainsi affirmé : « On s’est entraînées chacune de notre côté. Moi ça ne me dérange pas que Laure s’entraîne à Vérone de temps en temps. Mais pas plus. Je l’ai dit à Alberto Castagnetti. Jusqu’aux JO de Pékin, ça ne pourra pas être autrement. Mais je n’ai absolument rien contre Laure[12]. »

Le 29 mai[13], Laure Manaudou, jetée à l’eau par Nicola Febbraro et Leonardo Tumiotto, deux de ses compagnons d’entraînement, est victime d’une fracture « au quatrième métatarse du pied gauche » selon un communiqué de son club LaPresse. Elle ne participera pas aux compétitions de Modène (2-3 juin), Canet-en-Roussillon (9-10 juin) et Monte-Carlo (16-17 juin).

Vers les jeux Olympiques de Pékin

Championnats de France 2007 : un retour attendu

Après sa blessure qui l’avait retenue hors des bassins pendant trois semaines, Laure Manaudou participe aux championnats de France de natation 2007 qui se disputent du 24 au 28 juin à Saint-Raphaël (Var). Initialement, elle devait s’y aligner sur huit épreuves : les 50 et 100 m dos, les 200, 400, 800 et 1500 m nage libre, le 200 m 4 nages et le 200 m papillon[14] mais choisit de faire l’impasse sur les 1500 m nage libre et 200 m quatre nages afin d’être à son maximum pour les courses et faciliter la récupération.

Le 24 juin[15], elle s’impose, non sans difficultés, sur le 800 m nage libre, en 8′31″26, devant Coralie Balmy (8′32″01) et Sophie Huber (8′32″20). Après ce 43e titre national, Laure Manaudou finit 3e du 200 m papillon (2′12″73), derrière Aurore Mongel (2′10″63) et Magali Rousseau (2′10″87).

Le 25 juin, Laure Manaudou s’impose en finale du 50 m dos, une discipline qui n’a jamais été sa priorité lors des compétitions internationales. Elle devance Alexandra Putra (29″35) et Esther Baron (29″43). Mais elle a échoué, en 28″93, à neuf centièmes de son propre record établi en mars à Melbourne[16].

Le 26 juin, lors de la troisième journée, elle fait taire ses détracteurs qui critiquaient ses performances, jugées modestes, après sa séparation avec son entraîneur Philippe Lucas et son départ pour s’entraîner en Italie, en remportant, après ses deux médailles d’or (sur le 800 mètres et le 50 mètres dos), le 400 mètres nage libre – sa distance de prédilection – avec plus de six secondes d’avance sur Coralie Balmy. La championne olympique a signé un excellent temps de 4′03″38, à seulement 1″25 de son propre record du monde, réalisant ainsi sa quatrième meilleure performance sur la distance[17].

Le 27 juin, Laure Manaudou remporte un 4e titre[18]. La nageuse du Canet s’est imposée en finale du 200 m nage libre en 1′57″48. Elle devance Alena Popchanka et Coralie Balmy.

Le 28 juin[19], elle remporte deux nouveaux titres : tout d’abord la finale du 100 mètres dos où elle s’impose en 1′01″22 son dixième temps personnel, performance assez éloignée de son record d’Europe (59″87) établi lors de la finale du 100 m dos des Mondiaux 2007 derrière l’Américaine Natalie Coughlin (59″44) –, devançant Esther Baron (1′01″71) ; puis la finale du relais 4 x 100 m 4 nages avec son club du Canet (4′08″95 et record de France des clubs[20]).

Ces Championnats de France ont donc vu Laure Manaudou s’imposer sur 200, 400, 800 m nage libre, 50 et 100 m dos pour un total de 47 trophées de championne de France, dont 28 en grand bassin.

Le « feuilleton Manaudou » : fin de l’aventure italienne et retour à Ambérieu

Le 6 août, après une participation attendue à l’Open de Paris de natation, Laure Manaudou est licenciée à cause de tensions avec son entraîneur Paolo Penso[21]. Le club turinois lui reproche « son attitude, son refus de faire le relais ou les échauffements[22] » lors de cette compétition.

Dans l’après-midi suivant la révélation de ce licenciement, le conseiller juridique de la championne, Didier Poulmaire, a précisé[23] que Manaudou et son entourage avaient engagé « depuis un moment déjà et avaient accéléré le week-end dernier des contacts, [afin qu’elle] retrouve des conditions de vie et d’entraînement à la hauteur de son talent et de son ambition » et qu’elle demeurait licenciée au club de Canet-en-Roussillon (Canet 66 natation).

Le 7 août, Jean-Luc Manaudou, le père de Laure Manaudou, annonce dans un entretien accordé au quotidien sportif L’Équipe[24], que Nicolas Manaudou, frère aîné de Laure et entraîneur de Florent – le frère cadet, champion de France cadets du 50 m nage libre en 2007 – prendra en charge l’entraînement de la nageuse française à Ambérieu-en-Bugey (Ain) après deux semaines de vacances aux Maldives.

Le 28 août[25], après plusieurs rumeurs durant le mois d’août sur son futur lieu d’entraînement, Laure Manaudou annonce, lors d’une conférence de presse, qu’elle a besoin de temps avant de prendre une décision finale concernant son avenir immédiat. La championne olympique française va s’entraîner pendant le mois de septembre sous la tutelle de son frère Nicolas, à Ambérieu. Pour la suite, elle « [se] donne quinze jours, trois semaines pour savoir exactement ». Après avoir exclu de retourner à Turin, elle a confirmé qu’elle ne reviendrait pas s’entraîner à Canet, aux côtés de son ancien entraîneur, Philippe Lucas, et a écarté la possibilité de rejoindre l’équipe Lagardère[26].

Le 22 septembre[27], elle annonce qu’elle reste s’entraîner à Ambérieu-en-Bugey, sous les ordres de son frère Nicolas, pour préparer les jeux Olympiques de 2008. Elle utilisera le petit bassin d’Ambérieu et le bassin olympique d’Oyonnax.

Après une année 2007 marquée par cinq médailles mondiales dont deux médailles d’or, un record du monde et deux records d’Europe, Laure Manaudou est désignée nageuse de l’année 2007 par le mensuel américain Swimming World Magazine[28]. Elle devient à cette occasion la première nageuse française distinguée au niveau mondial. La Française devient, pour ce magazine, « nageuse européenne de l’année » pour la seconde année consécutive.

L’affaire des photographies dénudées et de la vidéo diffusée sur Internet

Depuis son retour en France, elle entretient une relation avec le dossiste français Benjamin Stasiulis. Courant décembre, des photos licencieuses attribuées à Laure Manaudou sont diffusées sur Internet au lendemain d’une nouvelle altercation avec Luca Marin lors des championnats d’Europe en petit bassin. L’intéressé dément cependant être responsable de la diffusion de ces photos[29].

This entry was posted on Monday, December 24th, 2007 at 12:24 pm and is filed under Actualité. Find similar posts by selecting any of the following tags: . You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.

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